En passant par la Bretagne, sans mes sabots, j’ai fait un petit tour chez nos cousins bretons de Breizhicoop. Et non, ils n’avaient pas de chapeaux ronds, mais un engagement, un courage et une envie de faire grandir leur projet qui force l’admiration et rappelle les premiers moments de notre épicerie.

L’association Breizhipote s’est créée en 2016 pour lancer le projet, et l’épicerie a ouvert ses portes en 2019, au sud de Rennes, dans le quartier du Blosne, un quartier plutôt défavorisé. Depuis, patiemment, l’épicerie grandit, et essaie de recruter de nouveaux membres et de se structurer.

Aujourd’hui 780 coopérateurs sont inscrits à Breizhicoop, mais seulement 300 sont vraiment actifs et viennent faire leurs courses à l’épicerie. Cela ne fait que quelques 4 à 5 coopérateurs par service. Pourtant les rayons sont bien garnis, avec plus de 2000 références, dont plus de 100 rien qu’en vrac et le magasin est bien tenu.

Comme la Louve, Brezhicoop propose majoritairement des produits bio, mais pas que, et on y trouve presque tout ce qui est à la Louve sauf la viande et le fromage.

Dans la plupart des cas, un « bénévole ressource », sorte de coordo fait l’accueil et facilite le fonctionnement du créneau. Les « ambassadeurs vrac » ne font que gérer le vrac (impressionnant rayon en effet !), équipés de blouse et de charlotte, ils désinfectent, nettoient, remplissent et suivent les strictes règles d’hygiène. Enfin il y a également d’autres spécialités comme les « caristes » qui gèrent les livraisons et des spécialistes de la caisse. Il y a aussi des créneaux « comptabilité » et des créneaux « ménage ». Avant de s’engager, après sa « formation intégration » de 3 heures, le coop débutant peut effectuer une période de découverte de 3 mois pour décider si il veut ou non rester.

 

La taille réduite de la coopérative et l’engagement très fort de certains coopérateurs font que de nombreuses décisions (horaires d’ouverture, rationalisation du portefeuille de fournisseurs, aménagement du point de vente, organisation de consignes de verre, actions, investissements…) sont prises collectivement par des coopérateurs qui se réunissent tous les 15 jours au sein de commissions.

De plus, lors de « forums », réunions où environ 50 coopérateurs participent en moyenne, ils discutent ensemble des choses à faire évoluer. Ils utilisent une plateforme de communication « Slack » pour communiquer entre eux, en plus de leur espace membre et d’une plateforme de partage de dossiers. Ils n’ont qu’une seule AG par an. Les cercle de gouvernance fait le lien entre les salariés et les commissions.

70 fournisseurs essentiellement locaux et 10 grossistes les alimentent.  Un énorme travail est réalisé depuis quelques mois par la commission achat avec les salariées pour optimiser ce portefeuille de fournisseurs (il y en avait 90 il y a peu) et les regrouper. D’autre part, Breizhicoop travaille avec d’autres coop comme Super Cafoutch à Marseille ou la Chouette à Toulouse, pour partager les bonnes idées.

Bref j’ai rencontré un chouette magasin et des coop vraiment battants et engagés qui m’ont impressionnée. Donc si vous quittez Paris pour la Bretagne, n’hésitez pas à vous y engager, vous vous y sentirez (presque) comme à la maison !