Cette toute jeune entreprise est inconnue de la plupart des coopérateurs et coopératrices, et pour cause puisqu’elle agit dans l’ombre. Rouage essentiel entre La Louve et certains de ses fournisseurs, Coco Locaux promeut les circuits courts et offre une solution logistique pour faciliter leur mise en œuvre.
Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Philippe Breuil, le directeur commercial qui, avec Stéphane Lagarde, a fondé l’entreprise au printemps dernier. Il nous a tout expliqué, à commencer par leur nom : « On s’appelle Coco Locaux, car la sonorité nous plaisait. Ça évoque des gars sympas qui font le pari du local. »
Un côté sympathique que l’on retrouve dans leur logo : un coq gaulois qui n’est cette fois ni orgueilleux, ni belliqueux, mais au contraire souriant et débonnaire.
Rome ne s’est pas faite en un jour
L’aventure a commencé sous les meilleurs auspices pour les deux associés, qui s’étaient lancés au départ dans une activité de livraison de produits bio à vélo comptant jusqu’à 20 employés (des étudiants embauchés en CDI). Hélas, elle a vite tourné court, pâtissant de la mauvaise image des dark stores qui se sont multipliés en plein cœur de la ville. L’accumulation des plaintes dans le voisinage de ces micro-entrepôts a incité la mairie de Paris à réviser sa politique d’attribution des baux commerciaux. À cela se sont ajoutées la baisse du marché bio en raison de l’inflation et la difficulté de stockage des fruits et légumes frais.
Qu’à cela ne tienne ! C’est l’occasion pour les deux acolytes de mettre en pratique les connaissances acquises en école de commerce et dans l’accompagnement en création d’entreprise. « Il n’existe pas de bonne idée ni de recette clé sans difficultés de mise en œuvre », explique Philippe. « Tout entrepreneur doit savoir remettre en cause son projet de départ pour vraiment répondre à un besoin et faire pivoter son activité en ce sens. »
Le besoin est là : celui d’un intermédiaire entre les magasins indépendants et les petits producteurs qui sont les vrais clients de Coco Locaux. Leur réponse s’affine et se matérialise grâce à quelques développements en un outil permettant de mutualiser la prise de commande et la livraison.
Un réseau logistique solidaire et mutualisé
La voilà la bonne idée : une intermédiation logistique, commerciale et administrative pour permettre aux petits producteurs de se concentrer sur l’essentiel. Coco Locaux leur facilite ainsi les aspects commerciaux et marketing, prend en charge la gestion des stocks et, surtout, les soulage d’une partie de leurs tâches administratives et comptables.
« Les prix de vente proposés à la livraison sont les mêmes qu’en direct avec les producteurs. » Coco Locaux n’applique aucune marge sur les prix, contrairement aux grossistes ou aux centrales d’achat.
Mais alors, comment ça marche ? Avant tout, comme il n’y a pas de rachat des stocks aux producteurs qui en restent propriétaires, le minimum de commande reste facilement atteignable, et la livraison se fait sans contrainte de volumes et dans des délais très courts. Le gain est faible, mais « aujourd’hui toutes les commandes qu’on réalise sont rentables. »
Transposé dans l’Essonne, leur nouvel entrepôt n’accueille plus que des produits faciles à conserver : boissons, épicerie salée et sucrée, snacking, savons et cosmétiques. Le catalogue proposé compte bientôt une trentaine de producteurs, car « certains magasins ont tendance à nous renvoyer des fournisseurs pour simplifier leur commande. »
Des produits locaux pour les pros
Contrairement à ce qui se pratique chez les grossistes, Coco Locaux est 100 % transparent sur la liste de ses producteurs et sur l’origine de leurs produits : « À aucun moment, la relation n’est verrouillée : les magasins ont accès aux téléphones, adresses et même photos des producteurs. »
Une transparence appliquée également aux fournisseurs qui « savent toutes les semaines où sont vendus leurs produits. » C’est tout l’intérêt de proposer un vrai service dans le secteur du commerce de proximité indépendant : Coco Locaux ne craint pas de se faire contourner par ses partenaires.
Des produits locaux donc, que ce soit avec les recettes de crackers ou la bière brassée dans le 11e arrondissement, les limonades produites à Nanterre, les sauces conçues à Boulogne-Billancourt, la conserverie de Noisy-le-Sec ou encore les pâtes de Villenoy : c’est l’occasion de redécouvrir sa région !
Des produits régionaux, du terroir… ?
En l’absence de label ou de cadre juridique, il est compliqué d’identifier ce qu’est un produit local. « Le rôle de Coco Locaux n’est pas de définir ce qui est local ou non », précise Philippe. « La transparence des informations fournies permet aux magasins de vérifier par eux-mêmes et de faire des choix en toute conscience. »
Les conserves de sardines ou les soupes de poisson en sont un exemple probant, car ces produits, pour être locaux, ne peuvent venir que de Bretagne ou d’Aix-Marseille. Difficile donc de circonscrire le local à la seule production régionale. Pour Philippe, « tout est une question de logique. » En effet, on se doute bien que les fèves mélangées pour fabriquer les chocolats de la Maison Bonange, à Versailles, ne proviennent pas de là-bas ! Et à côté de ça, on peut trouver des lentilles, de la farine ou du miel qui sont bien produits en Île-de-France.
D’autres critères entrent en ligne de compte, comme le montre le catalogue de Coco Locaux : bio, artisanal, équitable, inclusif, engagé, traditionnel, sain, naturel, zéro déchet, militant…
Autant de valeurs qui correspondent bien à l’esprit de La Louve !
Marques disponibles à La Louve grace à Cocolocaux : Atelier Marta, Atelier Populaire, BAM & CO, La Bouledogue, Bubbles for Earth, Délices de l’Ogresse, Jardin à croquer, La Belle Sauce, Maison Bonange, Natifood et Sobizz.