Témoignage de Sophie Jouineau, coordo du créneau dimanche 11h15 semaine C

Vrac liquide : quelques remarques éparses tirées de nos expériences récentes

Lors du dernier service de mon équipe, nous avons eu le bonheur de vivre un incident au rayon du vrac liquide, qui nous a paru riche en enseignements sur les imprudences les plus propices à la survenue d’un accident. Heureusement, aucun préjudice corporel n’est arrivé grâce aux réflexes du vaillant coordo qui a fait barrage de son corps lors de la rupture du robinet de distribution d’une poche neuve de 10 litres de lessive liquide. Il se serait bien passé cependant de la douche à la lessive concentrée et des deux heures (si ce n’est plus) à éponger, rincer, essuyer le rayon vrac liquide et le meuble de distribution. Pendant le temps pris par la phase d’absorption de la flaque, il faut aussi souligner que l’accès à cette partie du rayon vrac n’a plus été praticable pour les autres produits liquides donc pas disponibles à la vente, et que deux membres en service n’ont effectué pratiquement aucune de leurs tâches prévues. À tout incident, malheur est bon : le coin du vrac liquide y a gagné un nettoyage approfondi et un entêtant parfum de lavande.

 

Festina lente (en VO de Louve romaine)

Défaut sur l’emballage du produit reçu ? Mauvaise manipulation au moment de l’insertion de la poche pleine dans le meuble de service ? Mauvaise manipulation du robinet de délivrance du produit ? L’origine de l’incident est difficile à établir, mais celui-ci nous a permis de valider une procédure de recharge du meuble de service, qui a le mérite de limiter les risques d’accident. Pour mémoire, le réassort du rayon vrac, sec et liquide, se fait uniquement par un coordo formé ou par un salarié avec le membre en service.

Si le rayon ne peut être approvisionné immédiatement, on peut passer à une alternative, comme acheter de la lessive en emballage à usage unique, sans oublier de le placer une fois vide dans le bac jaune pour tenter d’apaiser son éco-anxiété : au moins 10 ou 20 références à l’autre bout du sous-sol (oui, là tout près de l’ascenseur, le rayon parfaitement situé pour les membres qui profitent de leurs courses pour socialiser).

On peut aussi se hâter lentement, c’est à dire patienter notamment quand on se situe à la jonction entre deux équipes, ou que le coordo/salarié est encore occupé par une autre tâche.

Insister auprès du membre en service au rayon vrac pour qu’il assure seul le réassort, en comptant sur son désir d’être agréable au membre qui fait ses courses est au final plutôt contre-productif et traumatisant pour les membres en service. D’autant qu’une affichette précise bien que le réassort est une affaire de salariés ou de membres formés à cette mission.

 

Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ?

On a pu constater, à l’occasion de cet accident, que les adeptes d’Alfred de Musset sont plus nombreux qu’on ne l’imagine. La transgression des procédures s’étend aussi à celle du choix des emballages que certains membres utilisent pour leurs achats de vrac liquide.

Petit mémo : référez-vous à l’affichage au niveau de la partie « liquides » du rayon vrac pour choisir un emballage.

Cela oblige effectivement à acheter encore une bouteille (recyclable tout de même, en plastique pour les détergents et les produits d’hygiène, en verre pour l’alimentaire). Le grand avantage de cette organisation est que la tare du contenant est incluse dans le code prix des produits. Utiliser une autre bouteille amène à des écarts sur les prix et les volumes de vente, au détriment du coopérateur ou de la coopérative selon que l’emballage utilisé est plus lourd ou plus léger que celui prévu à cet effet. Pas monstrueux quand il s’agit de bouteilles de format très similaire, mais pourquoi se compliquer la vie quand on peut acheter un emballage primaire une fois pour toutes, d’autant plus qu’un même emballage peut servir pour plusieurs produits, permettant ainsi de transvaser chez soi le produit acheté dans des bouteilles réutilisées.